Observation 23

 

Homme de 80 ans. Volumineuse prostate. Pas d'élévation des PSA. Les 6 biopsies pratiquées ont le même aspect. Aucune glande prostatique n'est individualisable. Les biopsies concernent uniquement un feutrage de fibres musculaires proliférant en faisceaux entrecroisés à angle droit sans atypie nucléaire et sans mitose.  

Diagnostic proposé : Léïomyosarcome de bas grade de malignité.    

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Commentaires  

Les léiomyosarcomes représentent 25 % des sarcomes prostatiques et 0,1 à 0,2 % des tumeurs prostatiques. Histologiquement, ils présentent les mêmes caractéristiques que les sarcomes d'autre origine. Ils peuvent être de bas grade mais plus souvent de haut grade. Ils sont constitués par une prolifération cellulaire dense manifestement infiltrante, présentant un pléomorphisme nucléaire, des mitoses et des foyers de nécrose cellulaire. Les études immuno-histochimiques montrent un marquage des cellules tumorales avec des anticorps anti-Alpha Actine muscle lisse, Desmine et Vimentine. Ils surviennent à un âge en principe beaucoup plus précoce que les carcinomes prostatiques et se caractérisent par une augmentation importante et souvent rapide du volume prostatique, sans élévation des PSA. L'évolution en est péjorative, avec des récidives locales, une survie moyenne de 3 à 4 ans et un taux de survie à 5 ans variant de 50 à 60 %.

Comme pour les rhabdomyosarcomes, les métastases hépatiques et pulmonaires sont fréquentes, ainsi que les récidives locales, malgré une exérèse chirurgicale apparemment complète et/ou une radiothérapie.  

Les autres tumeurs mésenchymateuses de la prostate peuvent être listées de la façon suivante : 

Tumeurs stromales bénignes

Tumeur fibromyxoïde (nodule post-opératoire)

Nodule stromal

Léiomyome  

Tumeurs stromales de malignité incertaine

Léiomyome à cellules bizarres

Hyperplasie stromale avec atypies mineures

Fibroadénome

Tumeur phyllode  

Autres tumeurs mésenchymateuses :  

Tumeurs stromales malignes

Rhabdomyosarcome

Léïomyosarcome  

Les tumeurs regroupées sous le terme de tumeurs stromale bénigne sont de petite taille sans incidence clinique. Parmi les tumeurs malignes l'âge de survenue du rhabdomyosarcome (enfance, adolescence) est beaucoup plus précoce que celui du léïomyosarcome. Le léiomyome à cellules bizarres est un cadre d'attente : moins de 30 cas décrit, tumeur considérée comme bénigne avec un potentiel de récidive locale. La tumeur phyllode est de description très récente.

Moins de 30 cas ont été rapportées dans la littérature. La tumeur siège le plus souvent au niveau de la face postérieure de la prostate, refoulant les vésicules séminales, la vessie et le rectum. La tumeur est de taille variable, de 5,5 cm à 25 cm, de consistance molle, plurikystique, pseudo végétante, souvent blanchâtre, plurilobée et mucoïde à la coupe. Histologiquement il existe un double contingent épithélial et stromal. Le contingent épithélial est fait de glandes étirées ramifiées parfois kystiques, bordées par une double assise cellulaire normale. La composante stromale est conjonctive plus ou moins dense avec présence de cellules fusiformes fibroblastiques ou musculaires et des atypies et des mitoses variables. Les cellules stromales n'expriment pas les marqueurs épithéliaux, mais expriment la Vimentine, la Desmine et le CD34. Le potentiel malin de la plupart des tumeurs est incertain, étant donné le peu de cas rapportés dans la littérature. L'histogenèse de cette lésion reste débattue, une origine à partir de reliquats mullériens est envisagée.

Ces tumeurs surviennent chez patients âgés de 23 à 78 ans. La symptomatologie est dominée par un syndrome prostatique (dysurie, hématurie, douleurs pelviennes). De rares observations métastatiques, ou entraînant le décès du malade ont été rapportées.

L'évolution est lente, le traitement est chirurgical avec une exérèse aussi  large que possible. Des récidives locales sont possibles après exérèse incomplète.

 

Autres tumeurs mésenchymateuses :

Quelques observations exceptionnelles de tumeurs fibreuses solitaires de la prostate,  de phéochromocytomes, de chondromes, d'hémangiopéricytomes, d'hémangiomes, d'angiosarcomes, de sarcomes neurogéniques, ou d'histiocytofibromes malins ont été rapportées.

 

REIN . VESSIE . PROSTATE