Tumeurs à cellules fusiformes, Cas no.3

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Homme de 45 ans.Tumeur profonde de la face interne de jambe, de 15 cm.

     
         
     
         
       
         
     

Pancytokeratine (AE1-AE3)

Pancytokeratine

         
 

 

Diagnostic:

 

 

 

 
         
 

Synovialosarcome monophasique à cellules fusiformes (28, 34, 56, 79, 99)

  • Caractères généraux :
    Le synovialosarcome représente 5 à 10 % des sarcomes des tissus mous et la forme monophasique à cellules fusiformes est la plus fréquente (environ 10 % des sarcomes à cellules fusiformes).
    Cette tumeur s'observe surtout chez l'adulte jeune, entre 15 et 40 ans (âge médian: 26 ans ; 90 % des sujets ont moins de 50 ans). Quelques cas sont observés chez l'enfant.
    Elle se manifeste par une masse profonde associée dans plus de la moitié des cas à des douleurs. Elle se développe près ou dans les tendons, gaines tendineuses, bourses séreuses ou capsules articulaires.
    Elle s'observe surtout au niveau des membres (85 à 95 % des cas) inférieurs (65 à 75 %, particulièrement au niveau du genou) ou supérieurs (20 à 30 %), mais peut se rencontrer au niveau de la tête et du cou (surtout en région rétropharyngée), de la paroi abdominale ou du rétropéritoine.

  • Caractères macroscopiques :
    La tumeur est ronde, multinodulaire, parfois circonscrite. Sa surface est blanchâtre avec des zones de remaniements nécrotiques, pseudokystiques et hémorragiques. Sa taille varie de 1 à 15 cm (en moyenne de 3 à 5 cm).
    La tumeur adhère aux tendons, aponévroses, capsules articulaires. Des calcifications sont constatées dans un tiers des cas (intérêt de l'examen radiographique).

  • Caractères histologiques :

    • Rappelons que l'on décrit 4 formes microscopiques de synovialosarcome :
      . biphasique,
      . monophasique à cellules fusiformes,
      . monophasique à cellules épithéliales,
      . peu différenciée à cellules rondes
      .
      Parmi ces différentes formes, la forme monophasique à cellules fusiformes exclusives ou largement prédominantes est fréquente. Elle peut être de diagnostic difficile.

     

    • Cette tumeur ressemble au faible grossissement à un fibrosarcome, mais :
      . elle est habituellement constituée de plusieurs nodules séparés par du tissu fibreux;
      . les cellules sont rarement agencées en longs faisceaux ou en chevrons ;
      . l'agencement est plus irrégulier ;
      . et les zones cellulaires denses, très basophiles, alternent avec des zones moins cellulaires caractérisées par des dépots de collagène, des remaniements myxoïdes ou des calcifications, parfois une ossification ;
      . la vascularisation est variable mais on observe souvent une architecture de type hémangiopéricytaire, qui doit à priori orienter vers le diagnostic de synovialosarcome ;
      . les cellules, monomorphes, assez courtes ont un noyau ovalaire, hyperchromatique et un cytoplasme peu abondant ou mal visible avec des images de chevauchement des cellules ;
      . les mitoses peuvent être relativement peu fréquentes ;
      . une infiltration par des mastocytes est assez souvent retrouvée.

     

    • Pour pouvoir affirmer formellement le diagnostic, il convient de mettre en évidence la composante épithéliale; celle-ci pourra être retrouvée :
      . sur l'HES : en examinant plusieurs niveaux de coupe, on peut retrouver quelques amas individualisés de cellules épithéliales caractérisées par un abondant cytoplasme clair et un gros noyau rond.
      . après imprégnation argentique de la trame de réticuline: les îlots de cellules épithéliales sont entourés mais non pénétrés par les fibres de réticuline alors que dans la composante fusocellulaire, chaque cellule est circonscrite.
      . par l'immunohistochimie : les cellules épithéliales et souvent quelques cellules fusiformes dispersées, sont positives avec les anticorps anti-cytokératine et anti-EMA. La vimentine est détectée dans les cellules fusiformes mais pas dans les cellules épithéliales. La protéine S100 est positive dans 30 % des cas (28), mais rarement de façon extensive (39), et l'O13 ou MIC2 (CD99) dans plus de 50 % des cas mais de façon focale et non intense (20). 80 % des cas de sarcome synovial monophasique sont positifs avec bcl-2 (91).
      . par microscopie électronique dont l'apport est cependant en pratique moins déterminant.

     

  • Cytogénétique et biologie moléculaire :
    La translocation t(X;18) (p11;q11) est retrouvée dans 80 % des cas. Plusieurs transcrits de fusion peuvent être mis en évidence par RT-PCR, principalement SYT-SSX1 et SYT-SSX2, ce dernier étant plus fréquent dans la forme monophasique à cellules fusiformes et serait associé à un meilleur pronostic (53). La recherche de la translocation peut se faire sur tissu frais (caryotype), sur tissu congelé (RT-PCR, FISH) ou sur tissus fixés et enrobés en paraffine (RT-PCR) (1, 59).

 

  • Diagnostic différentiel :
    - fibrosarcome,
    - tumeur maligne des nerfs périphériques (34),
    - léiomyosarcome,
    - hémangiopéricytome.

 

  • Caractères évolutifs :
    L'évolution est dominée par les récidives locales parfois multiples et les métastases (environ 50 % des cas) au niveau des poumons et plus rarement des ganglions lymphatiques et des os. La survie est de l'ordre de 50 % à 5 ans et de 25 % à 10 ans.

 
   
   

 

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