
|
|
|
Tumeurs mesenchymateuses de l'enfant
Cas No 6.
|
Dans chaque présentation, clickez sur les images pour les agrandissements et sur le texte souligné ou en bleu pour visualiser les images. |
|
|
Petit
garçon de 3 ans. Tumeur du médiastin de 5 cm de diamètre.
|
|
|
|
 |
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Diagnostic: Neuroblastome |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Neuroblastome - ganglioneuroblastome (12, 22, 44,
45, 56, 101, 102, 103).
Caractères généraux
- Par ordre de fréquence, la 3ème
des tumeurs malignes solides de l'enfant après les LNH et les
tumeurs du système nerveux central (8 à 12 % des tumeurs
malignes de l'enfant; de l'ordre de 1 cas pour 10 000 naissances).
- Le pic de fréquence se situe aux environs de 18 mois (1/4 des
cas présents à la naissance, 50 % des cas surviennent
avant 2 ans, 90 % avant 5 ans). Il s'agit de la tumeur solide maligne
la plus fréquente chez l'enfant de moins de 1 an.
- La localisation est para-médiane, de la base du crâne
au pelvis ; par ordre de fréquence les localisations sont rétropéritonéales
dans 2/3 des cas(dont 50 % des cas à point de départ médullosurrénalien),
médiastinales ( 15%), cervicales (5%) et pelviennes (3%) Il existe
des formes en sablier paravertébrales, surtout intrathoraciques,
se prolongeant en intrarachidien.
- Les manifestations cliniques sont variées, fonction de l'âge,
de la localisation et du retentissement sur les organes de voisinage.
Dans la moitié des cas, une masse abdominale est palpable.
Des calcifications peuvent être visibles sur le cliché
radiologique. Il peut exister des localisations métastatiques
révélatrices.
- L'élévation du taux des catécholamines
(adrénaline et noradrénaline) et de leurs métabolites
dans les urines (acide vanylmandélique et son précurseur
l' acide homovanylique), présente dans 95 % des cas, ainsi que
la positivité de la scintigraphie au MIBG font le diagnostic
avant l'histologie dans la majorité des cas et contribuent au
suivi.
Caractères macroscopiques
Il s'agit pour les formes les plus indifférenciées
de tumeurs rouges, " lie de vin ", molles, nécrotiques
tantôt bien limitées tantôt plus infiltratives en
coulées périvasculaires. Plus elles se différencient
plus elles deviennent lobulées blanchâtres.
Caractères histologiques
Le neuroblastome est composé de petites
cellules rondes ou neuroblastes.
Les éléments les plus indifférenciés ont
un cytoplasme peu abondant ou pas visible, le noyau est dense, arrondi
ou polygonal (aspect "lymphocytoïde"). Ils sont répartis
en petits lobules bordés par un fin stroma fibrovasculaire. Les
plages tumorales contiennent souvent des microcalcifications.
En se différenciant vers la cellule ganglionnaire, le neuroblaste
acquiert un noyau, excentré plus volumineux, renfermant un large
nucléole, et un cytoplasme éosinophile, abondant (la cellule
est 2 fois plus grande que le noyau). L'acquisition d'expansions cytoplasmiques
ou neurites est également un signe de différenciation
du neuroblaste. Les cellules se regroupent plus ou moins en arrangements
concentriques autour d'un centre occupé par les prolongements
cytoplasmiques (rosettes d'Homer-Wright) ou se disposent sans ordre
sur un fond fibrillaire né de la juxtaposition des prolongements
cytoplasmiques. Cette matrice fibrillaire est à différencier
du stroma schwannien.
Un degré de différenciation supplémentaire est
marqué par la présence de cellules ganglionnaires matures,
volumineuses, à cytoplasme éosinophile plus abondant contenant
un ou deux noyaux ronds vésiculeux fortement nucléolés
et par l'apparition de cellules schwanniennes (ou stroma).
Il a été également décrit une forme anaplasique
à gros noyaux hyperchromatiques et une forme à cellules
rhabdoïdes.
Classification
La classification internationale des tumeurs neuroblastiques
a été revue en 1999, en prenant comme base les classifications
de SHIMADA et JOSHI :
Elle individualise :
- Le neuroblastome ( à stroma schwannien pauvre) avec
3 sous-types : indifférencié, peu différencié
(< 5% de neuroblastes différenciés), en voie de différenciation
(> 5% de neuroblastes différenciés). L'indice MKI est
le compte des mitoses et des caryorhexies pour 5000 cellules. Il est
estimé bas (inférieur à 100), moyen (entre 100
et 200), et élevé (supérieur à 200) et intervient
dans les facteurs pronostiques.
- Le ganglioneuroblastome qui doit contenir plus de 50% de tissus
ganglioneuromateux associant cellules de Schwann, cellules ganglionnaires
et tissus fibreux. Deux formes sont retenues suivant le mode d'intrication
de ce contingent avec la composante neuroblastique: le type " mélangé
ou intermixed " (correspondant aux tumeurs à stroma riche)
, et le type nodulaire. Dans ce dernier la composante neuroblastique
se présente sous forme d'un nodule macroscopiquement individualisable.
- Le ganglioneurome. A la différence des classifications
précédentes, 2 types sont reconnus : le ganglioneurome
mature (forme classique) , uniquement constitué d'éléments
matures (cellules ganglionnaires, cellules de Schwann) et le ganglioneurome
en voie de maturation (maturing) qui correspond à l'ancien ganglioneuroblastome
border-line. Dans ce dernier, les cellules neuroblastiques sont rares
et isolées.
Immunohistochimie
L'immunohistochimie n'est utile que dans les formes
très indifférenciées montrant une forte positivité
de la NSE dont on sait cependant l'absence de spécificité
et éventuellement de la chromogranine A. Peuvent être
également exprimés : synaptopysine, tyrosine hydroxylase,
protein gene product 9,5, GD2. Il n'y a pas de marqueurs spécifiques.
Le plus souvent son intérêt se limite sur le plan pratique
à la détection des foyers d'envahissement médullaire
en complément de l'histologie standard.
Diagnostic différentiel
L'anatomo-pathologiste n'a souvent pas la responsabilité
du diagnostic initial qui est établi sur les données cliniques,
biologiques et scintigraphiques (scintigraphie à la MIBG) uniquement.
L'examen histopathologique concerne le plus généralement
la tumeur après chimiothérapie, une simple biopsie
ou une simple cytologie avec prélèvement pour immunocytochimie
et biologie moléculaire ayant été réalisées
initialement.
- Le problème du diagnostic différentiel se pose surtout
devant les formes non sécrétantes, négatives
à la scintigraphie au MIBG ou de présentation clinique
atypique en particulier médiastinale ou intra-rachidienne ; dans
les très rares cas de l'adulte où le diagnostic n'est
pas évoqué cliniquement et où il faut savoir y
penser, et sur du matériel exigu de biopsie.
- Les hypothèses soulevées sont :
* Devant une forme bien différenciée : un ganglioneurome.
Le contingent neuroblastique est absent. Les cellules ganglionnaires
sont normales, régulièrement dispersées, accompagnées
de cellules satellites (cellules à différenciation schwanienne).
* Devant une forme peu différenciée :
· Un rhabdomyosarcome embryonnaire. Les cellules sont plus polymorphes.
Il faut rechercher des rhabdomyoblastes
· Une lésion de type PNET, plus rare, d'âge de survenue
plus tardif, à cytologie très régulière.
L' IHC constitue une aide précieuse au diagnostic.
- Le diagnostic de néphroblastome ne se pose généralement
pas pour le pathologiste car il s'agit actuellement d'un diagnostic
d'imagerie (scanner).
Caractères évolutifs
- La régression ou la maturation spontanée
sont possibles mais rares, intéressant seulement 1 à 2
% des cas. La majorité des cas correspondent à des enfants
de moins de 1 an dans le cadre de stades IV-S dont 50% peuvent régresser
spontanément.
- L'évolution spontanée est le plus souvent l'extension
locale, régionale et à distance avec localisations hépatiques,
cutanées, osseuses médullaires et ganglionnaires.
- Le pronostic est fonction de l'âge (meilleur avant 1 an), de
la localisation (cervicale, thoracique et pelvienne meilleures que rétro-péritonéale
et surrénalienne), du stade d'extension au moment du diagnostic
(classification d'Evans - Tableau III : meilleur pronostic des formes
localisées et du stade IV-S), de données biologiques (mauvais
pronostic de l'amplification du gène N-myc, de la diploidie,
de la perte d'hétérozygotie du chromosome 1 (p)).
- Sur le plan histologique, sont considérés comme de bon
pronostic :
- le ganglioneuroblastome de type mélangé à tout
âge
- le neuroblastome en voie de différenciation à faible
MKI de 1,5 à 5 ans
- le neuroblastome indifférencié ou peu différencié
à MKI bas ou intermédiaire d'âge inférieur
à 1,5 ans
- Sont considérés comme de mauvais pronostic :
- le ganglioneuroblastome nodulaire à tout âge
- le neuroblastome à haut MKI à tout âge
- le neuroblastome indifférencié ou peu différencié
à MKI intermédiaire de 1,5 à 5 ans
- tout neuroblastome d'âge supérieur à 5 ans
-
Tableau III : Neuroblastome Classification d'Evans
Stade I : Tumeur limitée à son
organe d'origine.
Stade II : Tumeur étendue en dehors de son organe ou de sa
structure d'origine mais ne dépassant pas la ligne médiane.
Les ganglions régionaux homolatéraux peuvent être
envahis.
Stade III : Tumeur étendue en continuité au-delà
de la ligne médiane. Les ganglions régionaux envahis
peuvent être bilatéraux.
Stade IV : Maladie s'étendant au squelette, aux tissus mous,
aux groupes ganglionnaires à distance, à la moelle,
etc ...
Stade IVS : Patients porteurs d'une tumeur primitive de stade I
ou II et de métastases à distance (foie, peau, moelle
osseuse) à l'exclusion de métastases
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
E |