Tumeurs avec Cartilage, Os ou Calcifications. Observation no. 12

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Garçon de 15 ans. Tumeur de 4 cm intramusculaire de la paroi thoracique.

Diagnostic:

 

 

Fasciite ossifiante intra-musculaire

 

 

 

Myosite ossifiante (1, 23, 27, 44, 52)

C'est un piège pour l'anatomo-pathologiste. La myosite ossifiante est un processus réactionnel inflammatoire non tumoral, comportant une matrice ostéoïde maturant progressivement en os lamellaire. Toujours bénigne, cette lésion peut être de diagnostic difficile : en phase initiale, elle peut être prise pour un ostéosarcome extra-squelettique ; inversement, un sarcome ostéogénique pris à tort pour une myosite ossifiante peut être à l'origine d'un retard thérapeutique dommageable.

Caractères généraux :

Il s'agit typiquement d'une lésion unique, intra-musculaire, parfois douloureuse, touchant le sujet jeune (50 % avant 30 ans) post-traumatique une fois sur deux. Les localisations préférentielles sont les membres (8/10), en particulier le quadriceps et le brachial antérieur. L'atteinte des fascia ou des tendons définit la fasciite ossifiante qui comporte les mêmes caractères cliniques et évolutifs. Exceptionnellement, des lésions ressemblant à une myosite ossifiante ont été observées dans les nerfs en dehors de tout contexte tumoral.

La lésion est circonscrite, mesure 3 à 6 cm. Un caractère essentiel est la rapidité évolutive, la lésion atteignant sa taille maxima en quelques semaines. On divise schématiquement la durée évolutive en trois phases précoce, intermédiaire et tardive.

Caractères morphologiques :

- Phase précoce (1ère - 3ème semaine) :l'aspect radiologique à ce stade n'est pas caractéristique, réduit à une zone de densité para-osseuse, sans calcification. Il n'y a pas de structure architecturale définie ; on peut observer des zones moins cellulaires, d'aspect myxoïde ; un caractère constant est la richesse en capillaires donnant parfois à la lésion un aspect angiomateux.

L'aspect histopathologique correspond à une prolifération dense de cellules fusiformes, pléomorphes, souvent atypiques, comportant un index mitotique élevé. Le contexte inflammatoire est en général discret ; on peut observer quelques remaniements hémorragiques, mais en règle générale sans foyers de nécrose.

- Phase intermédiaire (4ème - 8ème semaine):l'aspect radiologique est celui d'une opacité bien limitée, séparée de l'os par un espace clair, plus dense à sa partie externe, avec des calcifications périphériques.

L'aspect histologique est à ce stade caractéristique, l'élaboration de la matrice ostéoïde conférant à la lésion une structure zonale . Le centre prolifératif présente les différents aspects du stade initial.

A la partie intermédiaire s'élaborent, à partir de dépôts de conjonctif dense, des travées ostéoïdes, celles-ci s'agencent parallèlement les unes aux autres, souvent de façon radiaire. Elles sont séparées par des faisceaux de cellules fibroblastiques, et comportent une bordure ostéoblastique régulière très caractéristique.

La partie périphérique est constituée par la maturation progressive des travées ostéoïdes en os lamellaire et par la disparition des cellules fibroblastiques remplacées par du tissu adipeux. A la partie la plus externe, la lésion a une bordure nette, séparée du tissu musculaire avoisinant par une bande de tissu fibreux. Les faisceaux musculaires au contact peuvent apparaître dystrophiques, sans aspect d'infiltration tumorale.

- Phase tardive (8ème - 12ème semaine et au-delà):l'aspect radiologique est celui d'une lésion osseuse régulièrement arrondie, à bord net, séparée de l'os par un espace clair ; il s'y associe fréquemment une réaction périostée en regard.

L'aspect histologique, conditionné par la maturation complète de la lésion en os lamellaire et par la disparition lente du centre prolifératif, est proche de celui d'un ostéome.

Diagnostic différentiel :

Le problème n'est pas tellement de distinguer la myosite ossifiante de l'ostéome bénin, que de ne pas la confondre avec un ostéosarcome extra-squelettique (Tableau V).

 

Tableau V : Diagnostic différentiel entre myosite

ossifiante et ostéosarcome extra-squelettique

 

 

Myosite ossifiante

Ostéosarcome extra squelettique

 

Age

50 % avant 30 ans

Rare avant 40 ans

 

Antécédent de traumatisme

fréquent

rare

Siège

membres

ceintures

 

Evolution

rapide (semaines)

lente (mois)

 

Phénomène de zone

maturation périphérique

inversé ou absent

 

Ossification

organoïde

anarchique

 

Cellules

ostéoblastes

myofibroblastes

cellules malignes, souvent pléomorphes

 

 

Nécrose

absente

fréquente

 

 

 

Caractères évolutifs :

La lésion se stabilise, elle peut même régresser et disparaître.

 

 

 

Cas no 13

 

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